Pourquoi agissez-vous à l’échelle de l’Union Européenne, et pas à celle du monde entier ?

Les défis mondiaux du 21e siècle (réchauffement climatique, vieillissement démographique, inégalités créées par les technologies, le pouvoir des multinationales), sont mondiaux. Ils mériteraient d’être traités par une action politique à la même échelle, à savoir mondiale.

Le problème avec cette approche est que, à ce jour (2018), aucune institution politique n’existe à l’échelle mondiale avec une capacité de prendre des décisions et de les mettre en œuvre, même contre la volonté d’un état-nation. Nous restons englués dans les ornières des négociations inter-gouvernementales, et avec le droit de veto universel né de la prise de décision à l’unanimité (voir notre document sur la démocratie paneuropéenne, §2.3).

L’Union Européenne est la seule exception à cette situation. Malgré ses faiblesses, l’UE est, de toutes les institutions, celles qui présente les caractéristiques les plus avancées d’une démocratie trans-nationale (voir notre document sur la démocratie paneuropéenne, §2.5). La décision est prise (dans le cas général) par la majorité qualifiée. Les États-Membres sont soumis à la règle du droit, tel qu’exprimé par la Cour Européenne de Justice. Le Parlement Européen dispose de pouvoirs de décision, est élu directement par les électeurs(trices), et fonctionne par groupes politiques, et non par délégations nationales. La Commission est politiquement responsable devant ce Parlement, et peut être démise par celui-ci, comme n’importe quel gouvernement dans une démocratie parlementaire.

Mettre en place une démocratie trans-nationale est une entreprise formidable. Elle n’a aucun précédent. Les enjeux sont énormes : c’est la seule manière d’échapper à la fragmentation nationaliste et à la guerre, en des temps où l’humanité devrait consacrer 100 % de son énergie à relever des défis menaçant la survie de la civilisation humaine. Nous devons la faire fonctionner.

La manière la plus sûre de développer une innovation est de commencer à l’échelle la plus petite qui conserve une signification, avec l’ensemble minimal viable de fonctions, dans un environnement soutenant.

C’est pourquoi nous faisons le choix de démarrer à petite échelle : celle de l’Union Européenne (environ 10 % de la population mondiale). Ainsi, nous expérimenterons et validerons les opérations d’une coopérative politique trans-nationale, la ferons fonctionner et la rendrons prête à passer à l’échelle supérieure – lorsque ce sera nécessaire.